Brouillon daté du 27/09/2019 05:15

Le titre de ce billet réfère à deux œuvres de science-fiction, le roman Les Clans de la Lune alphane de Philip K. Dick, et Le cycle de Gaïa de John Varley, dont le premier de trois volumes s'intitule Titan. Je vais faire un résumé rapide du roman de Dick; pour Varley, je me contenterai de certains éléments de ce cycle et d'un autre, qu'on pourrait nommer cycle Après l'invasion, qui serviront pour mon propos. Au passage, je ne vous recommande pas le résumé du roman de Dick dans Wikipédia, qui transforme une dystopie intersidérale en roman de gare psychologique. Si vous souhaitez un résumé plus en accord avec le récit tel qu'il se déploie, je vous conseille celui de la Wikipédia anglophone.

Le roman de Dick se déroule alternativement sur la Terre et sur cette Lune alphane puis à la fin les deux fils narratifs convergent, les personnages de la partie terrienne se rendant sur la Lune alphane. Le contexte général est une situation d'après-guerre intergalactique, gagnée par la Fédération terrienne, mais où la Fédération extraterrestre (me rappelle plus son nom mais c'est le schéma: “Empire terrien” contre “Empire non terrien”) est florissante et celle terrienne miséreuse, en décadence. La Lune alphane est dans ce contexte un “territoire conquis” de l'Empire terrien. Les termes du traité de paix obligent les deux empires à conserver une administration impériale sur ses territoires (planètes, satellites et planétoïdes), en son absence pendant cinquante ans le territoire est réputé libre et peut devenir autonome ou être rattaché au premier des empires qui le revendique et y établit une administration. Au début du roman la Lune alphane est à quelque mois de la fin d'un demi-siècle sans administration terrienne. Ce contexte a son intérêt mais je parle du roman pour un autre aspect: la Lune a été transformé après sa conquête en “colonie psychiatrique”, un immense asile d'aliénés, où l'Empire terrien envoyait ses malades mentaux. Cinquante ans avant l'administration s'est donc retirée et les fous furent laissés à eux-mêmes. Ils durent faire avec les circonstances et se débrouillèrent pour survivre mais leurs diverses idiosyncrasies étant plus ou moins compatibles ils se divisent et constituent les clans du titre. Il y a

  • les Manses: les “maniaques“,
  • les Pares: les “paranoïaques”,
  • les Skiztes: les “schizophrènes”,
  • les Heebs: les “hébéphrènes”,
  • les Deps: les “dépressifs”,
  • les Ob-Coms: les “obsessionnels compulsifs”,
  • les Polys: les “polymorphes”.

Le résumé anglophone semble situer la déshérence de la Lune de moins longue date que ce dont je me souvenais mais peu importe, le roman n'est pas, vous l'aurez compris, un précis d'histoire galactique, disons, les fous sont livrés à eux-mêmes depuis “un certain temps”.


Addendum au 06/12/2019. Le projet de ce billet était d'expliquer comment des récits apparemment fantaisistes, en ce cas, de science-fiction, peuvent schématiser d'une manière beaucoup plus exacte que les récits supposés réalistes la réalité proprement humaine, qui est avant tout symbolique.