L'épiloque, «Parler sans connaître et croire sans savoir», figure un peu avant cet article dans l'ordre chronologique, il est suivi par un autre article de même titre mais avec un sous-titre, «Parler sans connaître et croire sans savoir (version mort aux cons)». dont je ne suis pas certain qu'il a un rapport si évident avec l'autre article ni avec cette série mais je vous fais confiance, si l'auteur même ne sait pas faire de liens, son lectorat y arrive généralement assez bien.
Un élément de contexte: dans médiapart les “billets” sont précédés d'une zone où on peut rédiger une courte introduction, quatre cent caractères maximum, nommée “chapô”, d'où le sous-titres des épisodes...
Le Blog de Olivier Hammam
une série en treize épisodes.
Épisode 1
Chat-pot.
Con tenu – en laisse ? Possible... En tous les cas, les blogs j'ai tendance à ne pas trop apprécier, même quand les contenus produits par leurs mainteneurs sont d'un certain intérêt, ils sont très vite pollués par des commentaires ringards ou solipsistes ou haineux, ou les trois à la fois. Alors, découvrir qu'à l'insu de mon plein gré existe dans le cadre de Mediapart un objet nommé de mon nom et précédé de la mention “le blog de” me défrise quelque peu. Imaginez que suite à ce (excusez la grossièreté) “billet de blog”, viennent s'ajouter des commentaires... Une sorte d'avant-goût de l'enfer.
Je me tâte, vais-je résilier mon abonnement à Mediapart moins de deux mois après l'avoir contracté? Possible. Je n'aime pas me sentir comme un con tenu en laisse.
Épisode 2
Chappe? Oh...
Outre la peine et le déplaisir de découvrir que “on”, ou disons, que “Mediapart”, a créé pour moi et de manière automatique un blog portant mon nom d'état-civil, je me trouve dans la situation de figurer un parmi des centaines, parmi des milliers qui disposent du même espace personnel que moi, donc d'un espace impersonnel, car qu'y a-t-il de personnel dans un espace qui est le même que celui de milliers d'autres? Je comptais me servir de Mediapart en tant que tremplin pour diffuser ma propagande personnelle, mais vu que je suis noyé parmi des milliers de “blogs personnels” et que mes billets alimentent le flux inextinguible des dizaines ou centaines de billets tous aussi peu originaux que les miens qui s'y publient chaque jour, ce vague espoir de sortir un peu de mon anonymat s'est évanoui. Non que ça ait de l'importance, l'anonymat est confortable, mais un peu de notoriété pas déplaisant.
Remarquez que je ne mets pas en cause Mediapart ni son intégrité morale et politique, ce que je constate ici est intimement lié au fonctionnement général de tous les supposés “réseaux sociaux” qui cela dit ne sont pas des réseaux et ne sont pas sociaux, il s'agit de structures pyramidales classiques avec un centre qui est aussi un sommet, un corps intermédiaire qui dirige et régule, et une piétaille qui fait là où on lui dit de faire et de la manière prévue par le sommet et le corps intermédiaire. Cela dit, je croyais naïvement que dans le cadre de Mediapart il y avait des mécanismes de modération de ce tropisme, et constate avec un peu de dépit que non, que la structure classique est respectée, les dirigeants dirigent, les piétons piétinent, et silence dans les rangs!
Je ne suis pas certain de résilier mon abonnement, mais de nouveau, je m'interroge sur la pertinence de le poursuivre...
Épisode 3
chas, peau.
Confirmation de mon insignifiance: mon “blog nominal” (et non mon blog personnel, il n'a rien de particulièrement personnel sinon ce vague indice, il porte mention de mon patronyme) a déjà sombré dans la deuxième ou troisième page de la liste des billets récents et la journée commence à peine... De l'autre bord une chose pourrait me consoler, si du moins j'étais peiné, tous les contributeurs de Mediapart, sinon une petite poignée de ”figures”, lesquelles ont d'ailleurs toutes acquis de la notoriété en dehors de Mediapart avant de le créer ou d'y entrer, tous les contributeurs, donc, sont d'une égale médiocrité, nous sommes tous des anonymes qui avons régressé depuis l'époque d'Andy Warhol: nous atteignons non plus au quart d'heure mais au quart de minute de plus que vague célébrité, un billet chasse l'autre, un blogueur chasse l'autre...
Certains s'interrogent vertueusement sur les motivations des membres du parti politique “la Ligue du LOL” – sinon bien sûr que personne sinon moi ne les désigne, pour l'instant, comme parti politique –, et la tonalité générale des “commentateurs” multi-cartes va bien évidemment vers les qualifications psychologisantes, alors que les analystes sérieux comme les victimes de cette “ligue” parlent plutôt de stratégie de reconnaissance et de tentatives d'élimination de la concurrence: au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, tous les auteurs révélés jusque-là et à-peu-près toutes leurs victimes sont des “journalistes” et des “communicants”. Clairement, il s'agit d'assurer sa position en disqualifiant ou en menaçant des concurrents potentiels.
Les commentateurs multi-cartes “naïfs” (à mon avis, nombre d'entre eux ne sont guère naïfs mais préfèrent ne surtout pas mettre cela en évidence) parlant des supposées dérives sur Internet semblent croire, 1) que c'est très nouveau, et très différent de ce qui se passe par ailleurs, 2) que c'est de l'ordre des troubles “psy”. Une analyse consistante indique que tout ça n'est pas très nouveau, que la haine et la vindicte contre de possibles “concurrents” sont au moins aussi anciennes que l'écriture, probablement plus anciennes, et qu'il s'en passe bien plus hors d'Internet que sur Internet, la vraie différence est simplement que sur Internet cela reste visible indéfiniment, que rien n'est masqué. Et bien sûr, ça n'a rien de “psy”, tout de politique, donc de social et civique: “la Ligue du LOL” est une association de type politique dont le but principal est de barrer la route à tout ce qui n'est pas elle, les femmes, les “colorés”, les “non hétérosexuels”, les “non titrés” (les non diplômés du supérieur), en gros, les “Juifs”, ceux qui nous ressemblent tant et qui sont pourtant différents. Car, qu'y a-t-il de plus détestable que la différence qui ne se voit pas? Les Juifs ont ceci d'inconfortable qu'il faut leur mettre un signe d'identification pour pouvoir, non pas les reconnaître mais les connaître. Dans un apologue je décrivais le cas hypothétique d'un “nazi” un peu éméché qui, “pour rigoler” se met une étoile jaune au revers et “fait le juif”. Passe un groupe de “nazis”, auxquels il explique que “c'est pour rire”, et qui lui disent, d'accord, on va rigoler nous aussi...
Je ne suis pas un commentateur multi-cartes, et pas non plus un réel chercheur de notoriété, donc il ne me gêne pas de dire qu'en effet, l'univers des médias est très concurrentiel, et que les liguards du LOL, ce sont des gens qui aiment bien rigoler à la manière nazie... Quitte à me faire exclure de Mediapart pour non respect de l'hypocrisie ordinaire des milieux médiatiques.
Allez, je publie, ça me fera gagner mon quart de minute de vague notoriété...
Épisode 4
bérê.
Qui donc est cet Olivier Hammam dont un blog de Mediapart porte le nom? En tout cas, ce n'est pas moi, malgré la similitude de nos noms. Je veux dire, pour me répéter, que je ne l'ai pas créé, accédant à ce qui est censément mon “profil” je le découvre peuplé de choses que je n'y ai pas placées. Pour citer un des précédents billets, cela appliqué initialement à Facebook, cet espace personnel ne m'appartient pas, il est le bien de Mediapart comme mon profil Facebook est le bien de Facebook. Étant moi-même mainteneur de site, je puis vous certifier que rien de ce qui figure dans les profils et espaces personnels des contributeurs qui y créent un compte n'est généré automatiquement, sauf leur identificateur unique, tout le reste ils le créent eux-mêmes.
Je m'interroge de longue date sur ce qu'on nomme assez abusivement des “réseaux sociaux” sur Internet, ils n'ont pas grand chose de social et à coup sûr ce ne sont pas des réseaux mais bien plutôt un agrégat d'individualités. Le récent supposé “mouvement” dit des gilets jaunes le montre assez, Facebook n'est pas un réseau social mais bien plutôt une toile antisociale, avec un centre unique qui dirige et régit les relations entre membres, en suscitant des groupes de semblables, des groupes où chacun ressemble le plus possible à chacun, où chaque groupe est une collection de clones. Le supposé mouvement des gilets jaunes a cette capacité très forte de réduire autant que possible toute singularité, dès que l'un d'eux sort du lot, les autres s'empressent de le réduire, de le faire rentrer dans le rang ou de l'exclure, et de multiplier les menaces, y compris de mort, envers ceux qui se singularisent. Ils veulent “s'exprimer” mais dès qu'un embryon d'expression libre apparaît, on lui demande de se taire, par respect de la parole des “autres”, donc de personne puisqu'on est toujours l'autre d'un autre. J'ai inventé une blague cruelle envers eux. La première partie de cette blague est fictive, la seconde rapporte une interaction réelle.
Première partie. L'autre jour, en sortant de chez moi, je me dis, tiens, et si j'organisais une manif de gilets jaunes ici? Ah zut! Je vis dans une commune qui doit être la dernière de France qui ne possède pas de rond-point! — Deuxième partie. Je raconte ma blague à un voisin qui me dit, et ben ils n'ont qu'à manifester devant chez moi, il y a un espace assez grand pour qu'ils puissent en faire le tour. Ah non, impossible, je lui réponds, l'espace devant chez toi est en triangle, et un gilet jaune ça doit tourner en rond.
Les supposés réseaux supposés sociaux d'Internet sont des sortes de ronds-points.
Épisode 5
Huit-reflets.
Je vis dans un monde étrange. Prenez cette curiosité: Manuel Vals, ci-devant socialiste français et désormais politicien espagnol de droite, a il y a peu participé à une manifestation réunissant les droites nationalistes espagnoles anti-indépendantistes conservatrice, réactionnaire et extrême, pour “lutter contre la peste nationaliste”. Comprend qui veut.
Autre exemple: Laurent Joffrin, en rapport avec «l'affaire ”Ligue du LOL”» déjà abordée dans l'épisode 3. Il nous explique que certains collaborateurs de Libération ont été mis à pied, que c'est “à titre conservatoire” mais nullement une sanction, car il n'a pas assez d'éléments pour déterminer s'il y a lieu de sanctionner. Bon. Cherchez un peu sur Internet ce qui concerne les mesures prises à l'encontre de ces “pervers du Net”, vous y verrez ce que tout le monde sait et comprend, sauf semble-t-il ceux qui les ont prises, ces mesures SONT DES SANCTIONS. Donc, dire dans la même phrase qu'il y a eu des mises à pied ET que ce ne sont pas des sanctions, est à l'évidence un mensonge. C'est la précision supplémentaire, le fait que, selon Laurent Joffrin, il ne dispose pas d'assez d'éléments pour savoir si ces faits valant mise à pied sont avérés, qui explique: les auteurs des faits ont très explicitement affirmé que oui, ils ont harcelé, en bande organisée, longtemps et souvent, donc il n'y a aucune incertitude, cela mérite sanction. Alors, pourquoi Laurent Joffrin prétend le contraire? Et bien, parce qu'il est déjà et de longue date au courant des faits, qui sont publics depuis des années, revendiqués par leurs auteurs depuis des années, et qui ont en partie motivé leur recrutement puisque comme harceleurs ils ont prouvé par leurs actions leur connaissance intime des pratiques les plus détestables et dégradantes qui ont lieu dans les supposés réseaux supposés sociaux d'Internet.
Vous connaissez Laurent Joffrin? Moi non, mais je connais ses pratiques et ses discours, et Laurent Joffrin, d'aussi loin que je le connaisse en tant que personne publique, est un salaud. Bon. Les salauds protègent les salauds, rien de plus normal, ainsi ils tentent de se protéger eux-mêmes. Je ne sais pas si vous avez lu ou entendu ses premières interventions au début du mouvement Me Too, quant à moi oui, et dans l'ensemble elles étaient dégueulasses, en gros, le ton était, «des pétasses qui se lâchent, des salopes qui nous pompent l'air après nous avoir pompé le nœud», bref, un salaud. Je suis CERTAIN que si aujourd'hui vous lui rapportez ces propos cinglants, il niera et me traitera de connard, de menteur et d'affabulateur. Reste que ses écrits dans son journal de merde et ses envolées lyriques sur les Salopes qui Sucent sur France Culture sont là, qu'on peut les lire et les entendre, et que de connard et de menteur, s'il y en a, entre nous deux ce ne sera pas moi. C'est ainsi, depuis le temps que je le constate, Laurent Joffrin a toujours nié ou renié ses saloperies publiques.
Ah, au fait, vous savez ce que tous les metteurs à pied disent pour justifier l'idée qu'une sanction n'est en réalité pas une sanction? Que cette mesure est prise «à titre conservatoire». M'est avis que ces salauds devraient trouver de meilleurs avocats pour rédiger leurs «éléments de langage», “mesure conservatoire” et “à titre conservatoire” sont des termes de jargon juridique qui concernent des rapports financiers ou procéduraux entre contractants, et une mise à pied ne fait pas partie de cet arsenal juridique, c'est effectivement une sanction et la seule chose qu'elle puisse à la rigueur conserver, ou au moins préserver, ce sont les apparences. Désolé, monsieur Joffirin, les apparences ne sont pas préservées, vous êtes un salaud qui protège des salauds avec l'espoir que ce faisant vous vous protégez, mais cette fois ça ne marchera pas.
Allez, j'enregistre cet épisode, ça me fera gagner un quart de minute de notoriété de plus.
Épisode 6
Casquette.
J'explore cet univers nouveau pour moi, Mediapart. Je dois l'avouer, jusqu'à ces deux derniers jours j'en ignorais tout, je n'en avais qu'une connaissance indirecte, l'écho qu'il a dans les médias de masse classiques, vous savez, radios, télés, presse, et par ce filtre je m'étais formé une opinion mitigée, j'ai tendance à me méfier quand il y a une trop grande unanimité des médias classiques, d'autant plus quand cette unanimité est contradictoire, en ce cas le site est censé faire un journalisme moralement impeccable mais ses animateurs, spécialement Edwy Plenel, sont censés être moralement douteux, ce qui crée un contraste curieux: des journalistes douteux qui font du journalisme impeccable. Étrange...
Les participants à Mediapart doivent probablement s'interroger: dans les médias classiques on ne parle pas d'eux, alors qu'ils constituent pourtant la part prépondérante des contenus de ce site. Si c'est le cas, ça implique qu'ils ne comprennent pas les fondements idéologiques de la pratique professionnelle des journalistes: comme ce sont des mercenaires, ils ont la conviction que seuls les journalistes mercenaires sont déontologiquement acceptables, de ce fait seule la partie non gratuite de Mediapart leur semble digne d'attention puisque c'en est la partie mercenaire donc professionnelle, le reste est gratuit donc douteux, car les personnes qui publient sans être rémunérées, soit sont incompétentes, soit ont un “agenda caché”, sont idéologiquement douteuses. En même temps, en tant que mercenaires ils savent qu'eux-mêmes sont déontologiquement douteux, raison pourquoi, à la fois ils valident les contenus payants comme moralement indubitables puisque payants, mais invalident leurs producteurs puisque payés, donc plus ou moins vendus, donc moralement douteux. La vie n'est pas un long fleuve tranquille et les paradoxes sont le tissu même des relations sociales.
Comme dit, je découvre, mais ma toute récente exploration de la partie gratuite de Mediapart (pour l'instant sa partie payante ne retient pas mon attention puisque de toute manière j'en aurai l'écho surmultiplié dans les médias classiques, ce qui me suffit bien) me montre le même phénomène que celui que je constate dans toutes les “communautés Internet”, spécialement dans la “communauté wikipédienne”, la meilleure critique et la mieux argumentée de Mediapart est la critique interne. J'ai commencé de correspondre avec certains “médiapartiens”, ou quelque chose de ce genre – comme je suis tout nouveau membre de “la Communauté” je ne connais pas encore son auto-désignation, d'où ce calque du terme “wikipédiens” pour les participants à Mediapart, je le trouve formellement peu agréable mais dans les débuts il en alla de même pour moi avec “wikipédiens”, depuis l'accoutumance me le fait accepter comme valide et formellement acceptable, donc si l'auto-désignation est bien “médiapartien”, probable que je m'accoutumerai. Donc, je commence de correspondre, et j'ai même placé quelques commentaires sur des billets mais là c'est de peu d'intérêt, dans les commentaires on ne parle le plus souvent que de soi, dans les correspondances on parle à un tiers, donc on parle d'autre chose que soi.
Je vous en parle parce qu'un de mes correspondants m'a écrit sur quelque chose que je connais bien, le sentiment mêlé que les participants d'un projet de ce genre éprouvent, à la fois un amour de la chose, un certain dégoût et du découragement, je l'ai éprouvé notamment avec Wikipédia. Comme je ne le nommerai pas (sauf s'il m'y autorise par après), je vais le citer en préservant le “secret des sources” (une notion douteuse). Il m'écrivit ceci:
«Récent réabonné, je reconnais m’interroger également sur le bien-fondé de cette accoutumance. Non en tant que lecteur (finalement je trouve ici un complément d’info appréciable), mais plutôt contributeur rédacteur, et ce que peut avoir de pesant un tel mode d’ex
Même si je ne fus jamais proprement addict, du moins j'éprouve quelque chose de comparable avec Wikipédia, heureux visiteur du site, contributeur peu satisfait par la structure assez pyramidale, rédacteur plutôt mitigé mais globalement satisfait. Sans le jurer, probablement j'ai peu de risques de devenir “Mediapart-addict” parce que j'ai peu de goût pour ce qu'on peut nommer l'actualité, mais je peux comprendre les sentiments de mon correspondant en les transposant à mes propres sentiments envers Wikipédia. Juste après ce passage, il me posa cette question: «Pensez-vous que je dois en faire un billet?». Je ne lui ai pas encore répondu mais du moins je puis ici faire cette réponse: aucune idée. Ou aussi: oui et non. Oui, ça me semble un thème intéressant pour un billet, et non, je ne pense pas qu'il doit le faire, je pense qu'il peut le faire mais ne sais pas s'il le doit.
Pour revenir à une question abordée plus haut, il y a toujours quelque chose de paradoxal avec un médium nouveau: la perception qu'on peut en avoir à partir de médias plus anciens et largement stabilisés est totalement décalé par rapport à celui qu'on peut en avoir en tant que participant. Ce paradoxe n'en est pas vraiment un: tout médium est “impur”, on y trouve le meilleur, le pire, et surtout le ni meilleur ni pire, mais le “meilleur” et le “pire” vus de l'intérieur sont presque inverses de ceux vus de l'extérieur: pour un contributeur, le pire est le train-train, les luttes incessantes entre contributeurs et régulateurs pour tenter péniblement d'élaborer un consensus toujours précaire, les querelles de clochers et les luttes de pouvoir, en revanche les contenus sont plutôt acceptables et peu contestables, même si toujours discutables; pour un observateur non impliqué, le pire est l'accidentel, les contenus douteux, les comportements les plus outranciers, les querelles internes qui débordent vers l'extérieur en versions simplifiées et elles aussi outrancières. Clairement, tout nouveau médium est perçu de l'extérieur comme le lieu de toutes les perversions et de toutes les intrigues monstrueuses, des nids à complots, alors que quand il a trouvé sa stabilité et son insertion dans l'ensemble des médias il apparaît d'une anodinité anodinissime, un médium non problématique – qui se souvient de la représentation du cinéma, puis de la télévision, puis de la bande dessinée, comme lieux de toutes les perversions? Aujourd'hui, les lieux de toutes les perversions sont Internet et les jeux vidéo, mais ça passera, et ça passera encore plus à l'apparition du prochain médium instable.
De ce point de vue, Mediapart n'est ni la pire, ni la meilleure des choses mais un médium en recherche de stabilité.
Épisode 7
Képi.
L'épisode 2 de cette série s'illustre d'un commentaire. enfin non. Enfin si. Ah! C'est compliqué. Enfin non, c'est simple. Enfin... Euh... Ouais, bon, simple, compliqué, ce ne sont que des mots, comme en sont “blog” et “commentaire”. Disons, quelqu'un a placé quelque chose dans la rubrique “commentaires” attachée au billet nommé «Le blog de Olivier Hammam, épisode 2» qui figure dans l'ensemble de billets étiquetés «Le blog de Olivier Hammam», ce qui laisse supposer que c'est un commentaire lié à un billet de blog. De mon point de vue, ces billets ne sont pas des billets de blog, mais ça n'est pas que de mon point de vue. Voici la définition de “blog” que propose Wikipédia. C'est
«un type de site web — ou une partie d'un site web — utilisé pour la publication périodique et régulière d'articles personnels, généralement succincts, rendant compte d'une actualité autour d'un sujet donné ou d'une profession. À la manière d'un journal intime, ces articles ou « billets » sont typiquement datés, signés et présentés dans un ordre antéchronologique, c'est-à-dire du plus récent au plus ancien».
Bon. D'accord. Déjà, ces billets ne rendent compte d'aucune actualité, je déteste ça, “rendre compte de l'actualité”, je n'en ai rien à foutre de l'actualité, ma seule manière de la rendre, parfois, correspond à l'emploi vulgaire du mot: je vomis l'actualité. Là-dessus, qui aura suivi cette série le sait déjà, ceci n'est pas le lieu d'articles personnels, ce supposé “blog” ne m'est pas personnel, il me fut imposé par Mediapart, j'en ai profité un peu à contrecœur au départ, puis je me suis pensé, tant qu'à faire que ce supposé blog appartienne à Mediapart, autant y parler du propriétaire, donc de Mediapart, d'un point de vue le plus impersonnel ;possible – là j'ai raté, j'y mets du mien donc ces billets ont tout de même quelque chose de vaguement personnel. Si je devais ultérieurement créer un autre supposé blog je le nourrirai exclusivement de collages aléatoirement associés, pour lui retirer tout caractère personnel. Une sorte de cadavre exquis à base de copier-coller. Bien sûr, je ne le mentionnerai pas, pour éviter de me faire dire par les régulateurs de Mediapart que je suis un méchant garçon et que je ne respecte pas la Charte – je ne l'ai pas lue avec attention mais me rappelle vaguement qu'on doit éviter de faire de ses billets des compendiums (au pluriel on devrait écrire “compendia” mais bon, ne soyons pas vétilleux...), donc je ne signalerai pas que c'en sont, car ce qui n'est pas dit n'existe pas, et si un jour on m'en faisait reproche, je dirai qu'il s'agit de poèmes surréalistes, ce qui devrait clore toute contestation, rendez-vous donc, un Poète Surréaliste dans nos pages! Ils bicheraient, à Mediapart.
Si vous deviez un jour être surpris la main dans le pot de confiture, niez, dites que ce n'est pas une main ou que ce n'est pas un pot ou que ce n'est pas de de la confiture, charge à vos accusateurs de faire la preuve que vous mentez, et comme il est assez malaisé de prouver la réalité, vous devriez, avec une bonne maîtrise de la parole et une bonne dose de mauvaise foi, parvenir à prouver que la réalité n'est pas réelle – vous savez, à la manière d'un Laurent Joffrin expliquant avec aplomb qu'une sanction n'est pas une sanction et que l'évidence des faits n'est pas évidente. Ah zut! Mauvais exemple, Laurent Joffrin a une très mauvaise maîtrise de la parole, quand il ment tout le monde le voit, la seule raison pour laquelle on le lui dit rarement vient de sa position de pouvoir: quand un chef dit que le blanc est noir et que le noir est blanc, personne ne le conteste pour éviter une sanction qui n'en est pas une, la mise à pied. Moi je m'en fiche, je n'ai aucune position de pouvoir à défendre et aucun pouvoir à craindre, donc je peux me permettre d'écrire que Laurent Joffrin est un gros connard et un salaud de première. Certes, il se peut qu'en usant de termes insultants je me mette dans le cas de ne pas respecter la Charte médiapartienne mais là aussi je m'en fiche et en outre suis assez bon rhéteur pour légitimer cette infraction ou postuler qu'une insulte n'est pas une insulte de manière beaucoup plus convaincante que Laurent Joffrin. Disons Joffrin et moi sommes deux cons, moi je suis un con vainquant et lui se prépare à devenir incessamment un con vaincu – un con vaincu par sa propre connerie. C'est ainsi, n'est pas Maître de la Parole qui veut, ça requiert du talent.
Donc, un supposé commentaire. Le sujet du billet intitulé «Le blog de Olivier Hammam, épisode 2» est quelque chose comme la critique interne du site Mediapart, où je précise ceci, «je ne mets pas en cause Mediapart ni son intégrité morale et politique». C'est plus ou moins exact, selon moi plutôt moins mais bon, je suis assez mauvais juge de moi-même, cela dit peu importe, il s'agit d'une précaution oratoire, si quelque jour quelqu'un ayant quelque pouvoir dans le cadre de Mediapart me dit que je mets en cause l'intégrité morale de ce médium, je lui indiquerai que précisément j'ai mentionné le fait que je ne la mets pas en cause, c'est certes spécieux mais c'est écrit donc ça doit être vrai, ou ça peut l'être. Bref, le thème général de cet épisode 2 est la critique interne de Mediapart mais le sujet du supposé commentaire est un possible lieu possiblement nommé “El HAMMAM” qui selon toute apparence serait un truc genre sauna ou bain maure. Je cite ce supposé commentaire signé Zahia GONON:
«Bienvenue à El HAMMAM ! Je m'y rends souvent : cure de minceur».
Sibyllin. En tout cas, ça n'a aucun lien avec la critique interne de Mediapart. Le seul lien visible entre ce supposé commentaire et ce billet est le patronyme de son auteur, Hammam. Ce supposé commentaire a toutes les apparences d'un spam. J'en ai d'ailleurs fait part à Mediapart. Sans vouloir paraître débiner cette aimable institution, on y pratique semble-t-il le Joffrin dans le texte. Je parle sans savoir, cette hypothèse s'appuie sur la réponse qu'on me fit suite à ce signalement:
«Bonjour Olivier,
J'ai bien pris connaissance de votre demande. Si le commentaire vous gène vraiment je peux le dépublier mais il n'a reçu aucun écho.
Le dépublier risquerait d'attirer l'attention de la personne importune et de déclencher des réactions en chaine.
J'attends votre verdict ;)
Bonne journée».
Je suis un méchant garçon, et fis donc une méchante réponse à ce gentil message:
«Bonjour XXX,
Il m'arrive de dire que je suis assez mauvais juge de moi-même, alors prendre le risque de me faire juge des autres... Du fait, mon verdict en toute question est le plus souvent “non-lieu”, avec tantôt circonstances atténuantes, tantôt circonstances aggravantes, le plus souvent constat de circonstances circonstancielles. Paraît-il, je serais du genre sibyllin, ce qui m'étonne mais bon, je suis assez mauvais juge de moi-même...
Concernant ce commentaire, il m'indiffère, concernant l'absence de réactions à ce commentaire, étant donné mon absolu manque de notoriété la chose a tout d'évident et rien de remarquable, donc c'est non significatif, concernant le risque d'attirer l'attention de cette supposée personne, qui a quelques chances d'être assez robotique, le seul lien apparent entre son supposé commentaire et mon avéré billet étant le mot “HAMMAM”, m'est avis que ça ne risque pas d'attirer ni d'éloigner sa très fortuite “attention”.
Mon but était d'attirer VOTRE attention sur cette curiosité, un commentaire qui ne commente rien (quel rapport entre la mention d'un supposé lieu supposément nommé El HAMMAM et un billet critique sur le fonctionnement interne de Mediapart?), mais apparemment j'y ai échoué. Pas grave, j'ai l'habitude de voir que là où il n'y a pas lieu de le faire, souvent mes interlocuteurs tentent d'interpréter mes propos, ça ne fera qu'un cas de plus de ce travers bien humain, la pulsion interprétative, travers dont je souffre aussi mais je tente de mon mieux de me corriger là-dessus.
J'ai une blague à ce propos: beaucoup de personnes de ma connaissance cherchent des Signes, et les cherchant, immanquablement ils les trouvent parce que quand on cherche on trouve toujours, pas nécessairement ce qu'on cherche, mais du moins on trouve. La fin de la blague est: pour moi je ne cherche pas de Signes mais en trouve souvent parce qu'ils viennent à moi, et quoi de plus plaisant que de trouver sans même chercher, sinon bien sûr de chercher sans trouver? J'aime me poser des questions et quand je cherche des réponses, en général je trouve d'autres questions, ce qui est en gros mon but premier dans la vie, car tant qu'il y a des questions à se poser la vie reste passionnante, alors que trop souvent trouver des réponses la rend un peu moins passionnante.
En toute sympathie.
Olivier Hammam».
Je ne connais pas ma correspondante et ferai peut-être une hypothèse infondée, comme tout le monde j'ai la fâcheuse tendance de supposer a priori que “les autres” sont moins intelligents que moi, supposition le plus souvent démentie par les faits mais bon, c'est beaucoup plus amusant d'imaginer des interlocuteurs d'intelligence limitée, ou bien ça oblige à être soi-même plus simple dans son expression, plus facilement compréhensible, ou au contraire ça induit à brouiller le message, à l'opacifier, et à lui donner une tournure plaisante. Ici j'ai supposé une correspondante pas très intelligente et conçu une réponse cruellement ironique, si je me trompe, ça pourrait la faire rire, ce qui est mon but premier, si je ne me trompe pas, et bien ça importe peu, je suis intimement convaincu que presque tous mes interlocuteurs sont au moins aussi intelligents que moi, comme seule la vérité blesse une réponse qui suppose une moindre intelligence de ma correspondante est nécessairement fausse, donc ne la blessera pas.
Remarquez, mon présupposé sur l'égale intelligence des humains n'a rien d'universel, si par exemple je devais, par malheur, correspondre avec Laurent Joffrin, désolé pour lui mais je le supposerai beaucoup moins intelligent que moi, avec ceci que ses interventions publiques tendent à valider cette hypothèse. Ma correspondante représentant Mediapart ne me donne aucun indice d'une intelligence limitée, juste l'indice d'une pratique ordinaire du jargon médiatique qui l'amène à ne rien dire sur le fond de mon propos, un commentaire associé à un de mes billets a toutes les apparences d'un spam, et à reporter cela sur une supposée motivation psychologique, la supposée gêne que je pourrais supposément éprouver, tout en minimisant ou négligeant le réel problème politique et social que pose un commentaire qui n'en est assurément pas un mais est apparemment un spam. Vous voyez le paradoxe? J'alerte sur une possible violation de la Charte par une supposée personne qui use de son compte pour spammer, et on me demande si ça me gêne “au niveau du mental”... Non, ce n'est pas mon supposé organe de la pensée qui éprouve une gêne mais mon avéré organe de la politique, très sensible à toute violation de ma liberté de parole. Et les spams, en polluant les espaces de parole, sont des viols permanents et répétés de la liberté de parole.
Allez, je publie, ça me fera un nouveau quart de minute de très petite notoriété.
Épisode 8
Couvre-chef? Possible.
J'ai une saine détestation de l'anonymat injustifié. Quand je m'inscris sur un site où je compte participer en tant que la personne physique que je suis, mon pseudo est systématiquement mon nom d'état-civil. Par contre, sur les sites où je joue un rôle, celui de joueur par exemple sur les sites de jeu en ligne, ou sur les supposés réseaux supposés sociaux où je dois m'inscrire pour accéder à certains contenus, j'emploie un pseudonyme de fiction, comme sur Facebook où mon pseudo est Leonid Vinogradoff. J'avais envisagé “Leonid Brejnev” mais comme j'aurais du ajouter un numéro important (genre 423 ou 777) tellement ce pseudo est un lieu commun sur Facebook, j'ai renoncé, cherché en ma mémoire un patronyme russe peu usité, trouvé Vinogradov mais là aussi c'était pris, adapté un peu pour constater que la variante Vinogradoff était disponible, d'où mon choix.
Pourquoi ce pseudo? D'une part je n'avais et n'ai toujours pas l'intention d'intervenir publiquement sur Facebook, qui me révulse, de l'autre ce site me semble le parangon du soviétisme actuel, celui étiqueté “néo-libéralisme”, qui n'est ni nouveau ni libéral mais passons, donc un parangon de soviétisme, vous savez, la transparence obligatoire et impérative, la délation et l'autocritique comme principes de de régulation sociale, etc., un nom “russe” donc “soviétique” me semblait pertinent. Il y a une autre raison, j'ai souvenir d'un chanteur et guitariste vu par hasard au Printemps de Bourges, Michel Winogradoff, dont la prestation ne m'a pas spécialement marqué sinon le tout début, salle et scène dans le noir, la section rythmique qui démarre dans le noir, donc, un faisceau lumineux qui vient des coulisses, puis se rapproche du devant de la scène, et ça démarre: «Je cherche le rock avec une lampe électrique». Le reste je l'ai oublié, mais ce début très drôle et très grinçant m'a beaucoup fait rire. Apparemment, il a trouvé beaucoup de choses depuis, mais pas le rock. Ou c'est le rock qui ne l'a pas trouvé, allez savoir... Bref, Vinogradoff vient de là.
Pourquoi une saine détestation de l'anonymat? Parce que trop souvent c'est le masque de la malveillance et de la lâcheté, les LOLeurs chassent en meute et se protègent de leur propre saloperie par le confort de l'anonymat que procure la meute. Non que les LOLeurs liguards soient tous anonymes au sens strict, qu'ils n'usent pas de leur nom d'état-civil, dans leur cas c'est l'effet de groupe qui les anonymise. Quelle est la défenses de tous les saLOLopards de cette ligue? Je ne suis pas responsable, c'était un “effet de groupe”. Certes, mais on adhère au groupe à titre individuel; on n'est donc pas la conséquence mais la cause de cet effet. Le salaud est TOUJOURS “irresponsable”, moi je ne voulais pas monsieur le juge, c'est cette salope qui m'a provoqué, c'est le groupe qui m'a contraint, c'est une pulsion irrépressible qui, m'a poussé. Les salauds n'ont jamais tort, c'est toujours “le destin” qui est cause de leur saloperie.
Un des meilleurs titres de pièce et de film que je connaisse sur cette question est Les salauds vont en enfer. Les salauds sont la source même de l'enfer, ils créent l'enfer sur la Terre, mais l'enfer pour “les autres”. Où ils ont tort: ils croient appartenir à une “autre réalité“, or de réalité il n'y en a qu'une, et arrive toujours le moment où ils doivent s'y confronter, se confronter à l'enfer dont ils sont la source. Vient immanquablement le moment où ils doivent aller en enfer. Les salauds vont en enfer parce qu'ils ne peuvent éviter indéfiniment de s'affronter à la réalité. Je prends comme exemple dans ces billets Laurent Joffrin parce qu'il est très représentatif du cas du “bon salaud”, du salaud qui se trouve “dans le camp du bien”. Certes, il y sème le mal, mais c'est “pour un plus grand bien” à venir, sauf que le mal est là et n'amène jamais aucun bien. Représentatif dans sa cruelle nudité, Laurent, je te le dis, arrête de mentir et dis-le nous, dis-nous que tu es un salaud, je te dis ça pour ton bien: on ne peut pas pardonner les salauds mais on peut les excuser et les aider à sortir de l'enfer qu'ils ont créé mais pour cela ils doivent le dire, ils doivent dire, je suis un salaud et je suis le seul responsable de ma propre saloperie. Tes copains de la “Ligue du LOL”, ou du moins quelques-uns d'entre eux, ont fait la moitié du chemin en reconnaissant être des salauds, s'ils veulent sortir de l'enfer qu'ils ont créé, reste la plus difficile étape, dire, je suis l'unique responsable de ma propre saloperie, ce n'est pas le contexte, ni le groupe, ni ces salopes qui l'ont bien cherché, c'est moi et seulement moi le responsable de ma propre saloperie. Laurent, passe déjà la première étape, admets que tu es de longue date un salaud, après, la deuxième étape sera difficile mais atteignable, tant que tu persisteras à ne pas te reconnaître comme salaud, je te le prédis, tu ne pourras que t'enfoncer plus profondément dans l'enfer que tu as contribué à créer. Et on t"y laissera avec les autres salauds parce que, désolé de te l'apprendre, aucune bonne personne ne veut aller en enfer, seuls les salauds vont volontairement en enfer.
Vous savez pourquoi la justice refuse d'accorder sa grâce aux délinquants qui ne reconnaissent pas leurs délits? Parce que c'est la condition nécessaire pour commencer le long chemin du pardon. Raison pourquoi elle ne l'avait pas accordé à Catherine Sauvage, qui a tué avec préméditation et par traîtrise son défunt mari: elle nie toujours avoir commis un crime. C'est l'intervention de Dieu, mais d'un faux Dieu, François Hollande, qui l'a sortie de manière injustifiée de l'enfer où elle s'était elle-même plongée. Les salauds qui ne reconnaissent pas leur saloperie sont impardonnables, Catherine Sauvage, en ne reconnaissant pas son crime, est impardonnable, Hollande, en lui accordant illégitimement un pardon auquel elle n'avait pas droit pour de basses raisons politicardes, s'est révélé un salaud et pour cela est impardonnable tant qu'il ne le reconnaîtra pas et tant qu'il mettra ça sur le compte des circonstances. François Hollande, prépare-toi, bientôt la réalité va te rattraper, et tu sauras enfin vraiment ce qu'est l'enfer. Bon courage...
Allez, un brin de notoriété de plus – peut-être même une demi-minute au lieu d'un quart de minute, cette fois...
Petit complément. Les commentaires ont du bon quand ils pointent les manques. Je viens d'en avoir un, que voici:
«L'anonymat? Oui, mais à manier selon une éthique précautionneuse car de nos jours, souvent triomphante est l'éthique perverse; alors on se protège comme on peut».
Je suis contre l'anonymat dans un cadre où il faut assumer sa responsabilité ET où l'on respecte toutes les opinions. D'évidence, dans une dictature ou dans un régime autoritaire il n'y a pas de liberté, donc on doit se protéger de l'arbitraire, en revanche se dissimuler d'un arbitraire non réel c'est créer soi-même de l'arbitraire en mimant le risque là où il n'existe pas. Par exemple l'ex-comique Dieudonné M'Bala M'Bala, qui cela dit ne m'a jamais fait rire: en son temps son fonds de commerce était le débinage des “minorités de banlieue”, sous couvert de sa “négritude” il faisait passer ça pour de l'auto-dérision, alors qu'il n'a jamais été un “minoritaire de banlieue”, dit autrement, le “bon nègre” qui casse du “mauvais nègre” pour le plus grand plaisir du “bon blanc” qui peut se lâcher puisque “c'est un nègre qui se moque des nègres” – la Ligue du LOL, en quelque sorte. Vint un moment où le filon fut épuisé et la catégorie du “bon sauvage qui se moque du mauvais sauvage” un peu saturée, d'où la nécessité d'aller plus loin dans la fausse provocation qui ne fait que renforcer le pouvoir des forts, et quoi de plus transgressif que l'humour antisémite LOL? Dieudonné est le parfait salaud, celui qui ne croit en rien sinon en sa gloire, or la gloire est éphémère et se nourrit de l'excès pour se maintenir. Dieudonné est excessif donc dérisoire (voir l'épisode 9 sur cette question), mais d'une dérision dangereuse et mortifère, celle qui va vers les plus basses pulsions, vers les pulsions destructrices, les pulsions de mort.
Épisode 9
Savoir le porter.
Ah... Mediapart... Rien n'est parfait en ce monde, par contre on peut viser à la perfection et pour cela suivre une voie de perfectionnement. Non pas de perfectionnement de la société, là c'est une voie sans issue, mais de perfectionnement de soi. Comment se garantir de sa propre tendance au pire? En s'ouvrant à la critique et à la discussion. Mediapart est critiquable, mais aussi, je suis critiquable, et vous l'êtes. Et Mediapart accueille en son sein sa propre critique externe, car au départ la critique ne peut être qu'externe, la critique interne n'est pas de la critique si elle n'est pas éclairée d'une critique externe. En revanche, une critique externe qui n'accepte pas pour elle-même la critique externe n'est pas de la critique mais de la disqualification. Prenez le cas de cet aimable juriste... Euh... Ah zut! Je dois remettre, pour parler d'un cas de censure qui vient de m'arriver.
Voilà le contexte: je publie hier un commentaire, qui vaut ce qu'il vaut mais bon, c'est juste un commentaire. Et aujourd'hui, ô surprise! Il est inaccessible et le billet auparavant commentable ne l'est plus. Bon. Voici ce commentaire censuré:
«Je serais vous, je songerais à me faire soigner: l'addiction à la croyance en des maladies “psy” est cause de beaucoup de dysfonctions sociales, notamment la croyance qu'il existe quelque chose nommable sexualité qui serait une sorte de pharmakon, à la fois cause de maladies et moyen de cure.
Cela dit, mon conseil ne vaut pas grand chose, selon moi il vaut mieux savoir que croire, mais je suis entouré de personnes qui croient en bien des choses, pour nombre d'entre elles ça les rassure et ça les aide à vivre en harmonie avec les autres, à défaut d'être en harmonie avec elles-mêmes, perso je préfère être en harmonie avec moi-même mais bon, ça vaut pour moi, sans plus...
Tiens, en matière de croyances, une me fait assez rire, celle que le genre grammatical est en adéquation avec le sexe biologique. D'accord. Donc une personne ou une estafette est nécessairement une femme?
Bien à vous.
Olivier Hammam».
Vous voyez, c'est assez anodin et à l'instar de beaucoup de mes contributions sur Mediapart, plutôt ironique ou humoristique. J'aimerais donner du contexte mais ça m'obligerait à livrer des détails qui identifieraient trop la personne concernée qui procéda à la censure. En fait, je ne peux pas trop commenter ce commentaire, désolé, je ne voudrais pas mettre trop en cause cette personne. Comme je lui écrivis suite à cette censure,
«Vu ce que tu viens de me faire je romps avec mes habitudes de politesse distante et te tutoierai, puisque nous voilà intime par ta libre décision. Comme ça, tu n'aimes pas trop la critique? Moi non plus mais je ne la censure pas, j'y réponds. Du coup que tu me prives d'un commentaire, je vais devoir le relayer dans un billet de mon blog. Bien sûr il ne sera pas fait mention de toi, par contre il sera fait mention de la censure subie. Comme il m'arrive de le dire, les aveugles et sourds volontaires m'indiffèrent, je sais ceci, effacer le discours sur la réalité n'efface pas la réalité».
Fin de l'intermède.
Donc, prenez le cas de cet aimable juriste, aimablement mis en lien pendant un moment par un aimable médiapartien, Eric Dupond-Moretti, et son texte publié sur le site Le Causeur, «Les méthodes de Mediapart sont staliniennes». Toute critique est recevable, toute critique excessive est dérisoire. Titrer un texte de combat «Les méthodes de Mediapart sont staliniennes» est excessif donc dérisoire. Je ne vous conseille pas de lire ce texte, il dessert la cause des avocats, ce qui me semble toujours regrettable, mais bon, pour qui le connaît un peu “maître” Dupont-Lajoie, euh, pardon, “maître” Dupont-Moretti est souvent excessif donc souvent dérisoire. Ah zut! Je croyais pouvoir me payer sa tronche mais c'est tellement dérisoire qu'ils suffit de le lire, il se paie lui-même sa tronche. Je citerai tout de même le début de la présentation faite par l'aimable, excessive et dérisoire Élisabeth Lévy:
«C’est le saint patron du journalisme, le symbole vivant d’une profession qui est elle-même le sel de la démocratie, la statue de la vérité. Celui à qui rêvent de ressembler les apprentis-journalistes. Toute la semaine, Edwy Plenel a fait une tournée triomphale des popotes médiatiques dans son rôle préféré, celui du courageux petit journaliste affrontant à la force de sa plume et de ses convictions un pouvoir habité par de sombres démons dans lesquels les mânes de Fouché s’acoquinent à celles de Pétain. Pour dénoncer un “scandale politique”: la justice a osé essayer de perquisitionner les locaux de Mediapart».
J'adore spécialement la dernière phrase de cet alinéa: «En effet, s’il faut choisir, mieux vaut vivre avec des escrocs qu’avec des terroristes. Avec les premiers, on peut toujours s’arranger». Ça me rappelle un propos du même genre que j'avais relevé il y a quelques années, «Entre la peste et le choléra il faut choisir». Or non, il ne faut pas choisir: entre l'ignoble et l'intolérable IL NE FAUT PAS CHOISIR et fuir les deux. Entre mourir de la peste ou mourir du choléra, il n'y a pas de choix possible, dans les deux cas on meurt. La philosophie de base de Causeur et de ceux qu'il reçoit est celle-là, nous vivons en enfer et tant qu'à faire autant y fréquenter la moins insupportable place et les moins insupportables démons. Or il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de degré dans l'insupportable, comme l'écrivit un jour Gregory Bateson,
«Lorsque l'épistémologie de base est pleine d'erreurs, ce qui en découle ne peut fatalement qu'être marqué par des contradictions internes ou avoir une portée très limitée. Autrement dit, d'un ensemble inconsistant d'axiomes, on ne peut pas déduire un corpus consistant de théorèmes».
Ma propre version de cette assertion est: si on a un niveau de maçon “un peu” faux, toutes les mesures faites seront “un peu” fausses, et le résultat sera entièrement faux. Partir de l'hypothèse qu'entre le pire et l'un peu moins pire “il faut choisir” fausse tout, parce qu'on ne tient pas compte d'une chose: si ce que dit d'Edwy Plenel et de Mediapart est exact, ce qui par ailleurs me semble faux, si donc c'était exact, alors il partirait de la même hypothèse, entre la peste et le choléra il faut choisir, et en son cas (selon ce qu'en dit Élisabeth Lévy) le “moins pire” serait le terrorisme. Raison pourquoi, entre le pire et le pire il n'y a pas de choix, sinon le choix du pire.
Épisode 10
Kippa.
Benalla et la merde, apologue.
Alexandre Benalla est dans la merde. Dans la merde jusqu'au cou et même un peu au-dessus, au moins le menton, peut-être la bouche. Dans les débuts il y était jusqu'à la ceinture et ses copains ont essayé de l'en sortir mais leur maladresse a contribué à l'enfoncer un peu plus dans la merde, et en plus il y en a un ou deux qui ont glissé et se sont à leur tour retrouvés dans la merde.
Le temps passant, ses copains qui étaient encore sur le bord l'encourageaient et l'exhortaient à se sortir de la merde mais de loin, ils avaient vu les autres glisser dans la merde et du coup ça les a rendus prudents. Encore un peu de temps passa, les copains s'éloignaient les uns après les autres en expliquant qu'ils avaient une urgence qui les appelait mais promis-juré ils reviendraient pour le sortir de la merde. Comme ils ne revenaient pas, Benalla sortit son téléphone shitproof et tenta de les joindre mais allez savoir pourquoi, jamais ça ne décrochait. Notre brave Alexandre avait trouvé moyen de se sortir un peu de la merde et reprenait espoir, quand il vit un tombereau de merde se rapprocher et déverser son contenu dans son trou à merde, ce qui fit d'un coup remonter la merde jusqu'au niveau de ses épaules. Dur dur...
Là où ça devint vraiment problématique, c'est quand il se trouva dans la merde jusqu'au menton, et il eut une illumination, il appela un vieil adversaire et il lui promit de lui livrer des secrets inavouables sur Qui Vous Savez s'il l'aidait à sortir de la merde. Problème, son vieil adversaire lui dit, désolé mon gars mais nous, on ne négocie pas avec des connards qui se sont plongés eux-mêmes dans la merde, de toute manière, de la merde il y en a suffisamment dans cette histoire pour qu'on puisse se passer de la petite mare où tu t'agites. Appelle plutôt tes copains pour qu'ils te sortent de la merde où ils t'ont aidé à tomber. Oui mais non mais, euh, mais, ILS NE VEULENT PAS M'AIDER!!! Ah ben, qu'est-ce que j'y peux, désolé mon vieux, fallait mieux choisir tes copains, quand on fricote avec des semeurs de merde, tout ce qu'on peut récolter c'est de la merde.
Malgré tout, Alexandre Benalla livra quelques secrets censément inavouables (sinon qu'il les avoua) à son vieil adversaire, en se disant que ses “copains” devineraient d'où ça venait et que ça les motiverait à le sortir de la merde. Ce en quoi il se trompait: ses “copains” s'ingénièrent au contraire à l'enfoncer dans la merde en espérant qu'ils se noierait plus vite, mais comme ils étaient toujours aussi maladroits, deux, puis trois, puis quatre, puis cinq d'entre eux tombèrent dans la merde à leur tour, ce qui contribua à faire monter le niveau. Maintenant Benalla est dans la merde jusqu'au nez, mais un peu en-dessous, ce qui lui permet de pouvoir respirer, et il prie pour qu'il n'y en ait pas un autre qui tombe dans la merde, sinon respirer deviendra impossible.
Fin de l'apologue.
Le problème quand on s'accoquine avec des fouteurs de merde est simple: on ne peut leur faire confiance que pour une chose, le jour où ça ira vraiment mal ils vous laisseront tomber et même, contribueront à accélérer votre chute. Je n'ai pas vraiment besoin de détenir des preuves pour savoir quelles sont les sources de Mediapart dans l'affaire Benalla: ce sont Benalla et son copain, celui qu'on entend dans la fameuse conversation de bistro à propos de leur magouille franco-russe. Quand on est vraiment très profond dans la merde et qu'on a enfin compris que les “copains” sont aussi salauds avec soi qu'ils le sont avec “les autres”, et bien on en conclut que tant qu'à être dans la merde, autant ne pas y être tout seul. Ce en quoi Benalla se trompe encore: comme dans mon apologue, ça aggrave encore sa situation, jusque-là c'était une petite frappe et un petit magouilleur, désormais c'est un gros magouilleur pris dans une affaire d'État qui a toutes les apparences de la trahison en faveur d'un État tiers, de la haute-trahison. Comme merde, on ne peut pas faire pire...
Épisode 11
Keffieh.
Il y a quelque chose de commun entre Alain Finkielkraut, Alexandre Benalla, Éric Zemmour et Ma Pomme: nous avons un prénom “bien de chez nous” et un patronyme franchement pas de chez nous. Enfin, ça dépend du “chez nous”, perso j'ai aussi un patronyme “bien de chez nous”, Benalla et Zemmour aussi, et probablement Finkielkraut a aussi un patronyme “bien de chez lui”, mais un autre chez lui que les trois autres. De l'autre bord, le seul de nous quatre qui a un prénom vraiment “bien de chez nous” c'est Ma Pomme. J'explique.
Alexandre est un nom macédonien, Éric un nom scandinave, Alain est un nom latin mais qui désigne à l'origine un peuple, les Alains, qui viennent d'une zone entre Biélorussie et Pologne, pour Olivier c'est un poil plus compliqué – quoique, pour les autres c'est moins simple qu'énoncé –, si l'une des étymologies relie le prénom à l'arbre ou à ses fruits, une autre le donne comme un dérivé de Alfihar, nom germanique censé signifier “hôte des Elfes”, mais comme le “chez nous” qui nous est commun serait le territoire actuel de la France, dans les deux cas ce serait en effet un prénom “bien de chez nous”. Bref, le seul de nous quatre qui aurait un nom d'état-civil pleinement “bien de chez nous” ce serait moi.
Ah! Chez nous. Quel “chez nous”? Trois d'entre nous ont donc un patronyme “de chez nous”, mais d'un “chez nous” un peu distant, de l'autre bord de la Méditerranée, d'Afrique du Nord, deux ont un patronyme berbère, amazight pour être précis, le troisième un patronyme arabe du Maghreb, reste Finkielkraut qui a pour son compte un patronyme exotique, un patronyme d'Europe Centrale. Benalla, Zemmour et Ma Pomme sommes en partie ou en totalité (pour moi c'est en partie, pour Zemmour en totalité, pour Benalla je ne sais pas) généalogiquement reliés à des ascendants nés dans un territoire qui fut français de 1830 à 1962, l'Algérie, et par sa départementalisation, intégré au territoire national dès la décennie 1840, raison pourquoi nos patronymes sont “bien de chez nous”. Certes, une large partie de l'Europe Centrale fut française entre environ 1805 et environ 1815 mais leurs populations ne furent pas intégrées à la population nationale, donc le patronyme de Finkielkraut n'est pas “de chez nous”. Or, il y a ceci de curieux, de nous quatre le seul qui ne se prétende pas “bien de chez nous” est le seul qui puisse par son nom d'état-civil se dire pleinement “bien de chez nous”, Ma Pomme. C'est toujours comme ça: les premiers sont les derniers et les derniers sont les premiers, je suis très à l'aise avec ma ”francité” donc je n'ai pas besoin de la porter en bandoulière et de me proclamer urbi et orbi “bien de chez nous” tellement je suis bien de chez moi, de France et d'Algérie, et d'Europe, et du monde, alors que les trois autres ont une biendecheznouitude peu sûre, inquiète, et se rassurent en la réduisant à un petit territoire et en la proclamant haut et fort.
Le biendecheznouisme est la plaie de l'Humanité.
Épisode 12
Galurin.
Une fiction.
Que sais-je de la réalité? Fort peu de choses. Je traite certaines personnes de cons, d'autres de salauds, à partir de peu d'indices. Ce n'est pas très sérieux, de mon point de vue. Et en plus, c'est insultant. Prenez Laurent Joffrin par exemple: il est probablement aussi peu informé sur la réalité que moi mais au moins il est prudent. Eh! Ce n'est pas parce qu'une personne prétend avoir agi comme un salaud qu'il faut la croire, c'est même un de mes préceptes, rien ne peut être réputé vrai qui ne soit vérifié. Il est donc de bonne pratique de ne pas condamner avant d'avoir jugé. Ou aussi, mon assertion selon laquelle j'aurais été censuré: vous avez pu lire le “commentaire” supprimé, et bien, je l'estime assez insultant et péremptoire, monsieur Je-Sais-Tout explique la vie à un imbécile patenté. Franchement, un commentaire pareil dans un de mes billets, si j'étais une personne sensible et émotive, je le prendrais assez mal et le sucrerais. Je ne suis pas ce genre de personne donc, à l'instar d'un vulgaire Liguard du LOL, insulter quelqu'un me semble de peu de conséquences. Et bien non, j'ai tort, on n'insulte pas impunément. Je viens d'envoyer à cette personne un message ou je présente mes excuse, mais comme je le lui écris, sous le titre «Un salaud présente ses excuses»,
«Le salaud c'est moi bien sûr. Et quand un salaud présente ses excuses, c'est toujours trop tard. Parce que sa saloperie, il l'a commise, et cela c'est irréparable .... Un salaud qui se pare des vertus du bon sens et de la raison. Voilà, c'est irréparable, je vous ai insulté, probablement blessé, parce que je prends mon cas pour une généralité et comme j'ai une sensibilité émotionnelle assez basse, je crois qu'il en va ainsi pour tout le monde».
Réparer l'irréparable. Quel imbécile. C'est trop tard.
Épisode 13
Voile ou fichu?
Une réalité.
Qu'est-ce qu'un salaud? Aucune idée. Qu'est-ce qu'un con? Aucune idée. Dans le secret de ma chambre j'imagine des cons et des salauds, puis je sors dans le monde et là je ne croise et ne rencontre que des humains. Le seul con que je connaisse réellement c'est moi, le seul salaud que je connaisse réellement c'est moi. Probablement, certainement, ces cons et ces salauds que j'imagine dans le secret de ma chambre, ce ne sont que des projections de moi, puis je me confronte à la réalité et tous ces fantômes ne sont alors que fumées.
Dans les douze épisodes de cette série qui précèdent cet épisode, à coup sûr j'ai émis des conneries et des saloperies. Et puis? Que celle, que celui qui n'a jamais émis de connerie ou de saloperie me jette la première pierre.
