Brouillon daté du 30/11/2019 06:32
Encore une fois je me surprends – mais sans surprise – à être méchant en parlant des critiques solipsistes des personnes qui se désolent chaque fois qu'elles ne sont pas le centre du monde, une manière plaisante mais cruelle de dire que certaines personnes sont toujours insatisfaites de constater que le monde ne correspond pas à ce qu'elles en imaginent. Par le fait, si on suppose que le monde doit correspondre à ce qu'on souhaite qu'il soit on sera le plus souvent confronté à ce constat décevant qu'il n'y correspond pas. C'est une méchanceté plutôt gentille que de le dire, plus un avertissement qu'autre chose, même si je suppose que ça n'aura pas beaucoup d'efficacité il m'arrive régulièrement de prévenir les personnes qui ont cette tendance qu'il y a fort peu de chances que le monde ressemble à ce qu'elles en souhaitent, le savoir préserve de beaucoup de déconvenues. Passons...
Donc, trois sortes principales de critiques, sur le fond, sur la forme et sur les processus. Les deux dernières sont assez convergentes en ce sens que la forme détermine les processus et que les processus déterminent la forme. Pour exemple, se déplacer d'un point à un autre est un processus et la manière de le faire nécessite d'adapter la forme du moyen au processus ou la réalisation du processus à la forme disponible. Les critiques sur le fond tiennent assez peu compte des formes et des processus donc sont d'un autre ordre. Même si elles sont d'une autre nature elles ont quelque chose en commun avec les critiques que je qualifie de solipsistes en ce sens qu'elles portent sur ce qui ne correspond pas à la “vision du monde” qu'ont les émetteurs de ces critiques, sinon que ça n'est pas une vision du monde solipsiste, disons, des critiques “idéologiques”. Il m'arrive d'en causer, trop à mon goût, mais ça m'intéresse peu, en fait – ce qui ne m'empêche pas, bien sûr, de pratiquer, je suis comme vous, j'ai mon lot de présupposés idéologiques, et en plus j'aime bien me prendre le bec avec certains participants qui n'ont pas le même lot que le mien et si possible – mais ça l'est rarement – clouer le leur. Comme ils en ont autant à mon service tout est bien. Je ne fais pas trop d'hypothèses sur l'investissement, disons, émotionnel de mes contradicteurs dans ces joutes oratoires, possible qu'ils soient “sérieux”, qu'ils expriment des convictions, possible qu'ils le voient comme moi, une joute oratoire sans enjeu important. Non que je ne sois convaincu de la validité de mes arguments (enfin ça dépend, des fois c'est vraiment par jeu, sans autre conviction que de m'amuser) mais je ne compte pas être convaincant.
En tant qu'auteur de billets, je fais porter mes critiques plutôt sur la forme et les processus, en tant qu'observateur de Mediapart je m'intéresse surtout aux processus.
