Brouillon daté du 16/11/2019 05:21

Deux sortes de contributions, et non deux sortes de contributeurs. Comme auteur de billets j'essaie autant que possible, sans toujours y arriver, de proposer des bases de discussions, de débat, sans toujours éviter d'en rédiger qui sont dans la confrontation ou qui la suscitent. Comme commentateur il m'arrive plus qu'à mon tour d'être dans la confrontation, le plus souvent (mais pas toujours) avec l'intention de susciter le débat. Mais si mes contradicteurs s'enferment dans la confrontation, et bien, c'est leur choix, et sans vouloir me hausser du col j'ai une assez bonne maîtrise du verbe et ceux que je nomme assez souvent les “sophistes” dans les pages de commentaires finissent presque toujours par devoir considérer que quand on n'emploie la rhétorique qu'à des fins sophistiques il n'est pas bon se frotter à des dialecticiens qui peuvent quand nécessaire donner dans la sophistique – comme dit (presque) le proverbe, «à sophiste, sophiste et demi»...

Avant de poursuivre, et d'entamer vraiment, le sujet de ce billet, je tiens à préciser ceci: il m'arrive parfois de proposer de moi une image, disons, avantageuse, le gars qui sait, le Maître de la Parole, quasi l'Être Parfait. Préciser, comme ci-dessus, «Comme commentateur il m'arrive plus qu'à mon tour d'être dans la confrontation», risque souvent d'apparaître purement rhétorique, parce que “on” (et je me classe dans ce “on”) a tendance à supposer que “on” (et il arrive souvent qu'on me classe dans ce “on”) est sincère quand “on” se met en valeur, insincère quand “on” se dévalorise. Je ne suis pas un être parfait et à coup sûr pas l'Être Parfait, genre Dieu sur Terre, ni je ne me valorise ni ne me dévalorise mais mesure et exprime que pour moi comme pour quiconque, j'ai des qualités et des défauts, et que j'agis ou dis trop souvent en contradiction à mes propres préceptes et présupposés. Mes contributions dans le cadre de Mediapart sont la preuve qu'en effet je tente le plus possible de me situer dans la dialectique, et ne me fais le plus souvent sophiste que pour mettre en évidence les sophismes d'autres contributeurs. Si par la suite le débat s'instaure, les deux contradicteurs sortent de la sophistique pour se cantonner dans la dialectique, si mes contradicteurs restent dans la sophistique j'essaie (et souvent y réussis) de leur démontrer que quand on veut se faire sophiste on a intérêt à bien maîtriser la parole... Ma réplique la plus cinglante est un truc du genre «La rhétorique de cour d'école sur le mode “C'est çui qui dit qui y est-euh! C'est çui qui dit qui y est-euh!”, c'est très bien dans les cours d'écoles, moins bien pour les conversations entre grandes personnes»... J'adore la confrontation mesurée, le débat, j'ai horreur de la confrontation, et particulièrement horreur des imbéciles sentencieux qui veulent “m'expliquer la vie” en m'expliquant implicitement ou explicitement que je suis le pire des cons. Mal leur en prend. Quand on m'exprime que je suis le pire des cons, il peut m'arriver d'être – en paroles – le pire des salauds...