Probable qu'il existe un mot reconnu par l'Académie pour désigner les machins – les z'organes – qui contiennent les cellules dites reproductrices mais bon, je dis assez souvent qu'il faut vérifier avant de certifier mais là je ne vois pas l'intérêt: les lieux contenant les cellules dites germinales susceptibles de passer au statut de cellules dites reproductrices par un processus un peu aléatoire portent ou comportent des potentiels “gamètes”, donc sont gamétophores. J'évite d'abuser de néologismes (bien que mon correcteur orthographique me signale trop souvent à mon goût que les termes que j'utilise, il n'aime pas et, comme le parfait instituteur qu'il mime, les souligne en rouge, y compris certains qui figurent dans beaucoup de dictionnaire. De l'autre bord presque tout le monde néologise, c'est le génie de la lange, je pense un truc en rapport avec les gamètes et qui concerne une cellule possiblement transformable en gamète que je peux proposer “gamétible”, là aussi il le souligne en rouge mais ça dit bien ce que je veux exprimer. Sans compter les cas où l'on dit ou écrit des mots tout ce qu'il y a de conformes à ce génie de la langue et où on se fait reprendre par un sec “on ne dit pas ... on dit ***” alors qu'à l'évidence “on dit ***” quand c'est logique et approprié, genre, le jour où l'on se découvre potentiellement mortel on parle de ce moment où «je mourirai», preuve qu'on a bien acquis la méthode de conjugaison des verbes du troisième groupe au futur de l'indicatif, pour se faire dire – comme vient de me le signaler mon censeur électronique en matière de bon usage de la langue – qu'on ne doit pas dire ça, que ce n'est pas correct. Possible que les gamins qui se font assener cette sentence croiront en un premier temps qu'on ne doit pas parler de cette éventualité quand on est poli, ce qui cela dit ne serait pas si faux comme interprétation) mais là, franchement, “gamétophore” ça me va, je ne vais pas chercher le terme comme il faut, poli et tout, “bon usage”. Quand on parle de la réalité, vérifier c'est utile et souvent nécessaire, quand on use de mots compréhensibles et formellement admissibles, bof...

Mon sujet n'est pas vraiment la supposée capacité reproductrice du machin qu'on a sous la boîte crânienne (sauf quand on est antipodiste, là il est au-dessus), très hypothétique et pour l'heure indémontrée (sauf dans les contes pour grands enfants genre mythes et autres récits sacrés où parfois des enfants vous naissent par ce côté mais bon, les contes et la réalité c'est pas pareil – au passage et à ma surprise, “indémontrée” est souligné en  rouge) mais un sujet qui a mon intérêt depuis longtemps: comment un individu en construction va-t-il déterminer la manière de se construire? Ben ouais, ça ne me semble pas très intuitif de déterminer où seront, pour décrire l'objet final dans les grandes lignes, la tête, le bassin, les bras, les jambes, et de quel côté seront placées les organes composant la face, de quel côté le sexe, de quel côté le rectum, etc. D'autant que les capacités de réflexion des premières cellules qui formeront l'embryon puis le fœtus ne me semblent pas devoir être très élevées. J'ai mon hypothèse. Comme je suis du genre cossard je ne me suis pas donné les moyens de pouvoir la vérifier mais je ne doute pas que d'autres ont fait une telle hypothèse et ont les moyens de tenter de l'évaluer, mais comme je suis assez prudent je n'expose ce genre d'hypothèses qu'après mûre réflexion. Si elle est valide, et bien, les personnes qui se sont livrées à des manipulations où l'on introduit de force dans un ovule un très long polymère susceptible de déclencher le processus embryonnaire devront reconsidérer leur conception de ce qu'est l'intelligence et se dire qu'elles ont peut-être fait de grosses conneries sottises.

Un peu de contexte. Mon hypothèse découle d'une manière de décrire la représentation de soi et de la réalité que je nomme “polarisation”. Ça n'est pas d'une grande exactitude parce que dans cette description il y a six “pôles” mais comme relevé précédemment j'en prends à l'aise avec la langue, importe moins le bon usage ou la validation par l'Académie que l'intercompréhension, sauf rares cas où je produis sciemment des formes volontairement non conformes au génie de la langue mais cependant acceptables, telle la notion de “nondroi-ité” qui devrait plutôt être “nondroitité” mais comme ça réfère aux “zones de non droit” et non à quelques supposées “zone de non droite”, je préfère utiliser “nondroi-ité”, formellement incorrect mais sémantiquement plus correct – pas sûr qu'on puisse dégager une signification non équivoque de “nondroitité”, alors qu'avec “nondroi-ité” si –, mes néologismes sont conformes au génie de la langue, et quand j'use d'un terme existant dans une usage non standard, j'explique cet usage, je définis mes termes. J'use de “polarisation” parce qu'on peut aisément comprendre que ça concerne des cas où on a deux positions opposées sur un axe, deux pôles, suite à quoi je précise qu'il y a six pôles, donc trois axes. Par après je développe mais quelques lectrices et lecteurs astucieux anticiperont bien avant que ça se relie assez probablement à notre contexte ordinaire, un espace tridimensionnel. L'univers a quatre dimensions au moins mais notre contexte empirique en a perceptivement trois.


Ah zut! J'aurais bien poursuivi cette discussion! Tant pis. De l'autre côté, son sujet aurait été tellement hors standard de toute discussion sérieuse que mieux vaut ne pas la poursuivre. Ça m'aurait amusé, cela dit. Si ça vous a titillé, discutez-en avec d'autres.

Allez, un indice: un ovule n'admet qu'un spermatozoïde parmi des milliers ou dizaines ou centaines de milliers qui lui tournent autour, et ne l'admet qu'en un point précis. Donc, en introduire un de force et en n'importe quel point n'est probablement pas sans conséquences imprévisibles.


La série:

Possessions, ou «Tous les chemins»Ultrasoviétisme
Décroissance, mon cul! – Les gamètes sous les cheveux